Depuis plus de vingt ans, l'APGS travaille dans les paysages forestiers du sud-est Cameroun pour soutenir la conservation des grands singes, la recherche scientifique et les approches participatives avec les communautés locales.
L'Association pour la Protection des Grands Singes (APGS) est une organisation camerounaise à but non lucratif œuvrant dans les paysages forestiers du sud-est du Cameroun pour la conservation des grands singes, la recherche scientifique et les collaborations avec les communautés locales.
Basée à Yaoundé avec une base opérationnelle à Doumo Pierre, Abong Mbang, dans la périphérie nord du paysage du Dja, l'APGS s'inscrit dans plus de vingt années de présence continue dans cette région forestière d'importance mondiale pour la biodiversité.
L'organisation est née dans la continuité du Projet Grands Singes (PGS), initié en 2001 par la Royal Zoological Society of Antwerp (Zoo d'Anvers, Belgique), et a développé au fil des années des collaborations avec des chercheurs, étudiants, organisations de conservation et acteurs locaux engagés dans la protection des écosystèmes forestiers du Bassin du Congo.
Cette continuité n'est pas anecdotique : des études longitudinales couvrant 14 à 20 ans — sur les densités de grands singes, la diversité fonctionnelle de la faune, les pratiques de chasse, l'écologie forestière — n'auraient été impossibles sans elle. La présence constante de chercheurs a également joué un rôle de protection passive, contribuant à maintenir des populations stables de chimpanzés et de gorilles malgré l'intensification de la chasse commerciale dans la région.
Aujourd'hui, l'APGS collabore principalement avec la Born Free Foundation dans le cadre du programme Guardians of the Dja, dirigé sur le terrain par Donald Mbohli. Elle bénéficie d'une équipe nationale expérimentée et bien implantée, assurant une mise en œuvre de qualité sur le terrain et une coordination efficace des activités.
Dans la continuité de ces approches, l'APGS développe progressivement des activités d'éducation environnementale et de transmission des savoirs écologiques avec les communautés locales — notamment les Skulu na Bele (écoles de la forêt), espaces d'apprentissage en forêt co-développés avec les communautés Baka.
Gorille des plaines de l'Ouest (Gorilla gorilla gorilla) dans les forêts du paysage du Dja, Cameroun. Photo : Dave Currey.
La RZSA (Zoo d'Anvers, Belgique) établit le PGS dans la périphérie nord de la Réserve du Dja. Ouverture des premiers transects à La Belgique. Début des suivis de gorilles et de chimpanzés, des patrouilles anti-braconnage et des activités d'éducation communautaire. Mise en place des premières relations avec les villages de Malen V, Doumo Pierre et Mimpala.
Financement continu du gouvernement flamand (Belgique) via la RZSA. Accueil de nombreux étudiants et chercheurs (Belgique, Pays-Bas, Espagne, Royaume-Uni). Mise en place des Comités de Gestion Communautaire de la Chasse et du Développement Local (CGCCDL). Formation de jeunes chercheurs camerounais et internationaux, dont plusieurs poursuivent aujourd'hui des carrières actives dans la conservation et la recherche — une trajectoire documentée dans la section Étudiants & collaborateurs.
Tagg, Petre & Willie publient dans Pan Africa News une évaluation longitudinale : malgré l'intensification de la chasse commerciale, les populations de grands singes sont restées stables dans la zone PGS — preuve de l'effet protecteur de la présence scientifique.
Tagg et al. dans Animal Conservation démontrent empiriquement que la présence du programme PGS a permis de maintenir des densités de grands singes comparables à celles observées à l'intérieur de la réserve légalement protégée — une preuve rare de l'impact mesurable de la recherche de terrain sur la conservation.
L'APGS est partenaire du projet Darwin Initiative "Enabling rural poor to help protect biodiversity of Dja, Cameroon", coordonné par la RZSA avec AWF, Living Earth, TF-RD et FCTV. Donald Mbohli assure la coordination APGS au Cameroun. Le projet soutient des alternatives durables à la chasse, notamment à travers des accords environnementaux réciproques (REA).
L'étude de Tagg et al. sur les tendances à long terme de la diversité fonctionnelle de la faune (2002–2016) est soumise par la Born Free Foundation à la 13e Conférence des Parties à la CMS — témoignage de la portée internationale des données générées par le programme.
L'APGS met en œuvre le programme Guardians of the Dja avec l'appui de la Born Free Foundation. Présence de terrain continue, suivi des menaces, activités de sensibilisation, collaboration avec les communautés locales et les autorités du MINFOF. Donald Mbohli dirige les opérations sur le terrain.
L'APGS articule science, gouvernance locale et développement dans une approche qui refuse de dissocier la conservation de la vie des communautés. Son objectif global est d'établir des activités de conservation à long terme en milieux non protégés, en collaboration étroite avec les communautés locales vivant dans les zones habitées par les grands singes.
Suivi de la faune, protection des habitats, conservation communautaire et gestion durable des paysages forestiers. Inventaires fauniques, comptages de nids, patrouilles anti-braconnage, sensibilisation aux lois de conservation, appui aux systèmes de chasse contrôlée (CGCCDL) et accords environnementaux réciproques (REA).
La station de recherche "La Belgique" a accueilli depuis de nombreuses années des chercheurs et étudiants camerounais et internationaux travaillant sur l'écologie forestière, la biodiversité et la conservation. Des données longitudinales uniques — certains jeux de données couvrent 14 à 20 ans — ont produit plus de 30 publications scientifiques peer-reviewed.
L'APGS développe des approches participatives autour de l'éducation environnementale, des savoirs écologiques locaux et de la collaboration avec les communautés forestières — Baka et Bantoues. Développement rural, appui aux micro-projets communautaires, agroforesterie, et Skulu na Bele, écoles de la forêt.
Les forêts du paysage du Dja couvrent environ deux millions d'hectares, incluant la Réserve de Faune (526 000 ha, Patrimoine Mondial UNESCO depuis 1981) et ses zones tampons.
La Réserve de Biosphère du Dja est l'une des plus grandes forêts tropicales protégées d'Afrique centrale et un site du Patrimoine Mondial UNESCO. Son importance pour les grands singes est exceptionnelle.
L'APGS travaille principalement dans la zone tampon non protégée du nord de la Réserve, là où les pressions anthropiques sont les plus fortes et où la présence de terrain fait la différence. Dans cette région, les gorilles et les chimpanzés sont menacés par une chasse importante pour la consommation locale et les marchés de viande de brousse, ainsi que par le braconnage lié au commerce illégal de la faune sauvage.
Le paysage du Dja couvre environ deux millions d'hectares de forêts, comprenant des unités d'aménagement forestier, des forêts communautaires et une quarantaine de villages abritant près de 50 000 habitants.
La zone s'inscrit dans le paysage plus vaste Dja–Boumba Bek–Nki, connecté au TRIDOM (Tri-National Dja-Odzala-Minkébé) — un réseau de corridors forestiers d'une importance critique pour le maintien de populations viables de gorilles, de chimpanzés et d'éléphants de forêt.
Les communautés concernées — Baka et Bantoues (principalement Badjoué) — vivent dans des villages dispersés en lisière de forêt, dans une dépendance forte aux ressources forestières pour l'alimentation et les revenus. L'APGS y maintient des équipes locales permanentes depuis plus de vingt ans.
Donald Mbohli dirige les opérations terrain de l'APGS dans le paysage du Dja depuis de nombreuses années. Il assure la coordination du programme Guardians of the Dja avec la Born Free Foundation, supervise les équipes de suivi, maintient les relations avec les communautés villageoises et les autorités du MINFOF, et représente l'APGS comme acteur central de la conservation des grands singes dans la région. Son ancrage local et ses relations de longue durée avec les villages sont l'un des atouts les plus précieux de l'organisation.
Une journée avec Donald → Born FreeLes paysages forestiers du sud-est Cameroun sont habités depuis des générations par des communautés dont les modes de vie, les savoirs et les pratiques restent étroitement liés à la forêt.
L'APGS travaille avec les communautés Baka (chasseurs-cueilleurs autochtones) et Bantoues (principalement Badjoué) dans les villages de la périphérie de la Réserve. Ces populations figurent parmi les plus marginalisées du Cameroun — accès limité aux soins, à l'éducation, aux infrastructures, souvent en dessous du seuil de pauvreté d'un dollar par jour — et sont directement dépendantes de la forêt pour leur subsistance.
Depuis 2001, l'APGS a développé des partenariats durables avec ces communautés : emploi local dans les équipes de terrain et de suivi, renforcement des capacités de gouvernance via les CGCCDL, appui à l'éducation à la conservation et à la valorisation des ressources naturelles. Ces relations — construites dans le temps long — sont l'un des actifs les plus précieux et les moins reproductibles de l'organisation.
Dans cette région, les communautés Baka possèdent des connaissances écologiques riches et détaillées sur les forêts tropicales, la faune, les plantes et les dynamiques saisonnières des écosystèmes. Ces savoirs, transmis à travers les pratiques quotidiennes, les déplacements en forêt et l'apprentissage intergénérationnel, constituent un patrimoine culturel et écologique important. Comme de nombreuses communautés forestières du Bassin du Congo, les Baka font aujourd'hui face à de profondes transformations sociales et à l'érosion progressive de ces savoirs.
« La présence continue du programme, ses relations avec les villages, et l'emploi régulier de personnes de la communauté dans les activités scientifiques renforcent la valeur de la faune vivante et des forêts intactes pour les populations locales. »Tagg et al., Animal Conservation, 2015
À gauche : séance de formation et d'échanges avec l'équipe APGS. À droite : travail de terrain avec les communautés Baka, Station de Recherche de Bouamir, Réserve de Faune du Dja.
Dans cette dynamique, l'APGS développe progressivement des approches collaboratives autour de la transmission des savoirs écologiques locaux, de l'apprentissage en forêt et de l'implication des jeunes générations dans les enjeux de conservation.
Les Skulu na Bele (« école de la forêt » en langue baka) créent des espaces d'échange entre anciens et jeunes générations. Les aînés partagent leurs connaissances des dynamiques forestières, des comportements animaux, des cycles saisonniers et des usages traditionnels — un patrimoine écologique et culturel transmis par la pratique.
Les connaissances des communautés Baka sur la forêt — noms, distributions, comportements des espèces, indicateurs saisonniers — constituent un complément irremplaçable aux inventaires scientifiques conventionnels. Ces savoirs, accumulés sur des générations de pratique forestière, enrichissent les protocoles de suivi communautaire de la faune et de la flore.
À travers ces activités, l'APGS cherche à contribuer à une conservation plus participative et inclusive, fondée sur les collaborations de terrain, le respect des savoirs locaux et l'implication progressive des communautés dans la préservation des paysages forestiers du sud-est Cameroun — en lien avec les paysages de Boumba Bek et Nki.
Le développement des activités Skulu na Bele s'inscrit dans un dialogue scientifique plus large avec des programmes de recherche et de conservation bioculturelle actifs dans la région du Bassin du Congo. L'APGS collabore notamment avec le School for Indigenous and Local Knowledge (SILK), programme de l'Institut du Bassin du Congo (CBI, UCLA–IITA), qui développe des approches complémentaires d'éducation écologique et de co-production de connaissances avec les communautés Baka au Cameroun.
En savoir plus sur le programme SILK → cbi.ucla.edu/silkChercheurs et collaborateurs actuellement associés aux activités de l'APGS. Voir tous les collaborateurs passés et actuels →
Programme Lead de l'APGS, Donald Mbohli dirige les opérations sur le terrain dans le paysage du Dja depuis de nombreuses années. Il assure la mise en œuvre du programme Guardians of the Dja avec la Born Free Foundation et maintient les relations avec les communautés villageoises et les autorités du MINFOF.
Une journée avec Donald ↗Directrice scientifique du programme depuis ses origines. A mené la recherche sur le terrain pendant plus d'une décennie. Coordonne le programme Guardians of the Dja et est co-auteure de la majorité des publications PGS/APGS.
Guardians of the Dja ↗
Co-production de connaissances écologiques avec les communautés Baka. Co-créatrice du programme SILK (CBI, UCLA–IITA), dont les approches nourrissent directement les Skulu na Bele de l'APGS.
Formé au sein du PGS, il a travaillé bénévolement avec l'APGS pendant plus de huit ans. Prépare un doctorat sur l'intégration des savoirs écologiques Baka et du suivi scientifique pour la conservation des grands singes dans le paysage TRIDOM, soutenu par l'APGS.
kamenigermain2@gmail.comSituée dans les forêts du paysage du Dja (32,4 km²), entre 013°07'–013°11' E et 03°23'–03°27' N, la station de recherche "La Belgique" a constitué pendant de nombreuses années un lieu central pour les activités du Projet Grands Singes et de l'APGS.
Pendant plus de quinze ans, cette base de terrain a accueilli des chercheurs, étudiants, pisteurs, collaborateurs locaux et partenaires internationaux. Les travaux menés ici ont contribué à améliorer les connaissances sur les gorilles de plaine occidentaux, les chimpanzés d'Afrique centrale, les dynamiques de chasse, la phénologie forestière et les interactions entre populations humaines et biodiversité.
Les activités développées autour de la station reposaient sur une forte présence de terrain et une collaboration étroite avec les communautés des villages environnants — Malen V, Doumo Pierre et Mimpala.
La station a été un lieu de formation pour de nombreux étudiants et chercheurs camerounais et internationaux — dont Nikki Tagg, Jacob Willie, Luc Tedonzong et Manfred Aimé Epanda — qui poursuivent aujourd'hui des carrières actives dans la conservation et la recherche.
Chercheurs & bibliographie →Bailleur principal actuel. Porteur du programme Guardians of the Dja en partenariat avec l'APGS. Coordination scientifique par Nikki Tagg.
bornfree.org.uk ↗Bailleur et partenaire scientifique fondateur du PGS (2001–). Centre for Research and Conservation. Financement via le gouvernement flamand (Belgique).
zooscience.be ↗Partenaire du projet Darwin Initiative (2017–2021) pour le soutien aux moyens de subsistance durables et au développement communautaire dans le paysage du Dja.
awf.org ↗Partenaire du projet Darwin, focalisé sur les approches de développement rural durable en lien avec la conservation. Fondé par Manfred Epanda, ancien collaborateur du PGS.
tropicalforest-rd.com ↗Partenaire de recherche. Le CBI développe des programmes de science collaborative dans le Bassin du Congo, notamment le programme SILK sur les savoirs écologiques Baka.
cbi.ucla.edu/silk ↗Partenaire institutionnel pour les autorisations de recherche, les activités anti-braconnage et la collaboration avec les autorités nationales et régionales.
Partenaire académique de longue date. Plusieurs chercheurs liés au PGS/APGS y ont été formés, dont des doctorants travaillant sur l'écologie forestière et la conservation des grands singes.
gembloux.uliege.be ↗Entreprise forestière opérant dans les UFAs du paysage du Dja. Partenaire de dialogue pour l'intégration de la biodiversité et des communautés dans la gestion responsable des concessions.
pallisco-cifm.com ↗L'APGS est une organisation camerounaise enracinée dans son territoire, ouverte aux partenariats scientifiques, institutionnels et financiers qui partagent sa vision d'une conservation juste et durable.
Siège : Yaoundé, Cameroun
Base terrain : Doumo Pierre, Abong Mbang, Est Cameroun
Tél : +237 696 022 646
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